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Benjamin Stassen

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Un artiste, une oeuvre

« Bien sûr, la nature en soi a sa valeur », s'enflamme Benjamin Stassen, « mais si on veut sensibiliser le grand public à sa protection, on est toujours obligé de montrer les liens qui existent entre elle et nous. Le biais de la culture et de l'histoire est un des moyens possibles pour le faire. »
Hélas, les historiens sont restés désespérément silencieux en ce qui concerne les arbres. Et pourtant, un inestimable Inventaire des arbres et des haies remarquables de Wallonie en recense environ vingt-cinq mille !

Sauvegarder le patrimoine naturel
Désormais l'homme est partout. « Trouver la nature vierge est devenu tout à fait impossible », s'émeut Benjamin Stassen. « Même les Hautes Fagnes, que j'admire, sont le résultat d'un système agro-pastoral qui a duré des siècles. Chez nous, l'aspect culturel est donc absolument incontournable. Et, même si je devais sensibiliser les gens à l'Amazonie, il me semblerait important d'aller voir comment les Indiens vivent dans leur forêt, quels liens ils ont établi avec les espèces, les rythmes et les cycles de vie qui sont propres à leur milieu. La dimension culturelle est forcément présente dans tous les milieux où l'homme a mis le pied. »
Nous avons complètement perdu de vue notre patrimoine naturel, voilà le premier constat qu'il faut avoir la lucidité de faire. Nos responsables politiques, pourtant si sensibles aux vieilles pierres, ont complètement délaissé nos vieux arbres. Comment comprendre pareil paradoxe ?
« En me promenant dans un patelin dont je tairai le nom », raconte Benjamin Stassen, « un édile communal est venu vers moi, voyant l'intérêt que je portais à deux tilleuls et à une chapelle formant un ensemble qui me paraissait indissociable. Comme je lui expliquais que ce genre d'ensemble était de moins en moins fréquent, il fut surpris et me demanda pourquoi c'étaient les tilleuls, précisément, qui m'intéressaient. La tradition séculaire consistant à associer tilleuls et chapelle lui était tout à fait étrangère ! Il y a encore cinquante ans, cela ne serait jamais arrivé ; en une ou deux générations, toute une filiation s'est délitée, comme un tissu qui se serait démaillé, si bien que maintenant on croit pouvoir planter n'importe quoi n'importe où sans éprouver le sentiment d'une rupture. Je ne plaide pas spécialement pour le tilleul autour des chapelles, j'ai vu de très belles associations de marronniers, de charmes, de frênes... Mais, si on a le choix, pourquoi ne pas tenter de conserver cette vieille trame qui s'est perpétuée de génération en génération ? Ce n'est pas du conservatisme, mais simplement le souci de garder des îlots où les générations peuvent se relier et se passer le relais à travers le temps... Cela procède d'une philosophie générale, d'une volonté de connecter l'avenir sur le passé. Je veux qu'on comprenne le sens de la présence d'un arbre à un endroit donné, de telle sorte que, s'il vient à disparaître, on ait au moins le désir de replanter, pas n'importe quoi, pas n'importe comment... »

Un problème de société
« Les arbres constituent un patrimoine paysager, historique et écologique de toute première importance », affirme Benjamin Stassen. « On me dit souvent que je ne m'intéresse qu'aux arbres, mais à travers les arbres on peut toucher à tous les segments de l'histoire, de la vie contemporaine et même de l'avenir. J'ai une passion particulière pour les arbres parce que je suis un nomade, qu'il faut que je bouge et que je m'aventure... J'ai ce côté imaginatif, je suis un promeneur qui veut, non seulement préserver ce qui est, mais aussi ajouter de la vie... Je veux encourager la plantation d'arbres, de haies, même si c'est beaucoup de boulot dans nos parcs et dans nos jardins. »
Heureusement, cette perte de repères dont pâtit notre environnement naturel est relativement récente. Globalement, le Wallon s'est détourné de ce qui est proche de lui, de ce qui est immédiat, de ce qui est tangible.
« On vit, de plus en plus », regrette Benjamin Stassen, « dans une société qui privilégie le virtuel, le lointain, l'immatériel... Bref, l'imaginaire, mais dans ce qu'il a de plus creux, de plus impersonnel et de plus 'marchandisé'. C'est une tendance qui me dérange profondément. Ce qui me touche, c'est de rencontrer quelqu'un, dans un village, qui peut, si je lui pose la question, me raconter une anecdote à propos de tel ou tel endroit que je recherche. Cela devient rarissime. Les villages se vident des populations anciennement établies ; elles sont remplacées par un essaimage urbain, à l'encontre duquel je n'ai d'ailleurs aucun grief particulier à formuler, si ce n'est qu'il accentue une désappropriation de ce qui est pourtant proche de nous et qui nous appartient, toutes choses que nous avons la responsabilité de protéger, de préserver et de transmettre. »

L'arbre, un emblème magnifique pour l'environnement
L'arbre, ce véritable « monument culturel » ne pouvait, dès lors, que séduire notre ami Benjamin ! Son engagement à son égard n'est pas différent de celui dont tout citoyen est tenu vis-à-vis du patrimoine commun, tout ce qui appartient à l'ensemble de la communauté, comme les chapelles et les monuments qui font partie du passé qui nous a formés, qui nous dit qui on est et d'où on vient...
« Sans savoir d'où on vient », proclame Benjamin Stassen, « on va dans le précipice ! L'arbre est un miroir pour l'Homme et la façon dont nous traitons les arbres est la façon dont nous traiterons les humains dans les générations à venir... Sommes-nous encore capables de concevoir qu'un être inutile, encombrant, non productif, mais beau et ancien, a son rôle à jouer dans notre société ? Or l'arbre est un symbole universel qui parle à l'âme. Il nous ressemble, il nous est proche. Il relie ce qui est caché en dessous et ce qui est invisible au-dessus... J'ai souvent été choqué par l'attitude d'autorités, communales notamment, qui sont responsables de la gestion du patrimoine collectif. Il y a des cas notoires où des herbicides interdits ont, par exemple, été utilisés et mettent en péril l'existence d'arbres remarquables. Ce sont des choses qu'il faut dénoncer pour provoquer des modifications de comportement. Le cas du plus vieux tilleul de Wallonie (voir Valériane n°44) est, hélas, très révélateur : si on est capable de faire cela à un vieil arbre, on est capable de faire cela à tous les arbres, à toutes les terres et à tous les animaux qui se nourrissent de cette terre. Tout se tient ! Donc c'est un combat emblématique, sûrement, même si je n'avais pas a priori envisagé les choses comme telles. »
« Les menaces principales qui pèsent sur ce patrimoine », conclut l'auteur de La Mémoire des Arbres, « sont les produits chimiques, sûrement, mais surtout l'avancée du bâti, la déstructuration des villages classiques qui étaient circulaires autour d'une place. L'unité ancestrale des villages, qui a duré un millénaire, peut certainement évoluer. Mais, en l'espace de deux générations, on a tout fait sauter sans réfléchir pour faire n'importe quoi, uniquement sous la pression de l'immédiat et de la rentabilité. Si on continue comme cela, dans deux générations, la Wallonie sera complètement irrespirable, invivable, encombrée de choses qui ne seront pas à leur place. Il faut que les villages restent des villages, qu'ils arrêtent de s'effilocher en étoiles dans tous les sens, au point de se toucher les uns les autres et de former des amas globuleux. Il faut de la place pour du sauvage, du gratuit, de l'inutile... Il faut laisser de la place pour que de vieux arbres puissent vivre en toute quiétude. »
« La Mémoire des Arbres », Benjamin Stassen, éditions Racine - www.racine.be

Renseignements biographiques
Né en 1959, Ardennais par l'enfance, Benjamin Stassen a pris racine dans le doux Condroz, non loin de l'Ourthe.
Photographe autodidacte, fasciné par les liens entre l'Homme et l'Arbre dans le paysage, il écrit et photographie en simple « amateur », passions qui lui ont valu l'appui de la Fondation belge de la Vocation et de la Fondation Spes, ainsi qu'une mention spéciale dans le cadre des Rolex Awards.
En 1989, il décide de mettre la photographie au service de la protection des vieux arbres de Wallonie. Il fonde l'asbl "Le Marronnier".

ASBL Le Marronnier
En 1989, Benjamin Stassen décide de mettre la photographie au service de la protection des vieux arbres de Wallonie. Il fonde l'asbl "Le Marronnier", dont les liens entre l'Homme, l'Arbre et le Végétal constituent l'horizon essentiel et développe un programme d'étude et d'illustration du patrimoine des arbres remarquables par le biais de nombreuses publications et expositions. Une base de données, Arbora, voit le jour et comporte (actuellement) plus de 5.000 arbres identifiés, localisés et décrits, tant sous leurs aspects botaniques que culturels (histoire, folklore, légendes, pratiques et superstitions).

De 2000 à 2002, cette asbl a réalisé :

  • une banque d'images spécialisées dans le végétal (de l'Arbre aux plantes sauvages, médicinales et comestibles, en passant par les mousses, lichens et champignons...) ;
  • l'iconographie de deux guides parue en 2001 aux Editions Eole, projets coordonnés par l'asbl Mémoire de L'Ourthe, avec l'appui du Ministère de la Région wallonne et du Fonds Leader II de la Commission européenne (inventaire photographique de l'Arboretum de Bardonwez (Rendeux) et des Arbres à Histoire(s) de la Vallée de l'Ourthe moyenne) ;
  • la création pour la revue Valériane (asbl Nature & Progrès, Namur), d'une rubrique bimensuelle "Des Arbres et des Hommes" ;
  • la traduction, à partir du néerlandais, d'un curieux essai scientifique publié aux Pays-Bas par Maja Kooistra (« Ontmoetingen met bomen »), sous le titre de Communiquer avec les Arbres (Ed. Le Courrier du Livre, Paris, 2000).

Expositions :
Plus de soixante expositions depuis 1990, aux quatre coins de la Wallonie et en France, bien accueillies par le grand public et quelques collectionneurs; quelques temps forts parmi ces expositions :

Belgique
Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, janvier 1987
FNAC-Liège, octobre 1987
Musée d’Art Moderne, Liège, septembre 1994
Galerie Marielle, Liège, mai, 1997
Maison de la Radio germanophone, Eupen, octobre-novembre 1998
XXe Anniversaire de l’Autonomie culturelle de la Communauté germanophone, maison de la BRF à Eupen
Centre Culturel “Les Chiroux”, Liège, Décembre ‘99, 15 janvier 2000
Invité d’honneur au 3e Salon Condroz Nature à Gesves, Automne 2004
France
“Célébration de l’Arbre”, Hesdin (Nord/Pas-de-Calais), novembre 1996
salon “Primevère”, Lyon, février 1997
“Festival de l’Arbre”, Réaumont (Grenoble), octobre 1997
salines d’Arc & Senans (Jura français), Les Arbres du Millénaire, février/juillet 2000

Récompenses :
Plusieurs prix ont jalonné le travail photographique du débutant, notamment :

  • 1er prix "Bruxelles photographiée", Centre Multimédia-Fnac, été 1985
  • 2e prix couleur concours "La Nature, l'Homme & la Ville", Bruxelles, 1987
  • 1er prix de la Fédération du Tourisme liégeois, "Les Moulins", 1989
  • 2e prix du Secrét. d'Etat à la Région bruxelloise, "L'Environnement à Bruxelles", 1989

Publications :

1993 : Géants au Pied d'Argile un album de référence - commandité par le Gouvernement wallon - présentant 150 arbres exceptionnels de Wallonie aux côtés d'un millier de leurs congénères moins connus.
1999 :La Forêt des Ombres - Charmes & Sortilèges d'Ardenne (Ed. Eole), un ouvrage surprenant qui rompt avec la tradition (la vision rassurante d'une forêt emplie de jolités) pour retrouver une perception plus profonde de la Nature comme miroir tendu à notre imaginaire et comme espace de métamorphose permanente. Un album de 120 pages, illustrées de 120 photographies grand format. Préface d'Emmanuel Serusiaux, Chercheur Fnrs auprès de l'Université de Liège (Institut de Botanique), Président des Réserves naturelles et ornithologiques de Belgique.
2002-2004 :A la demande du Ministère de la Région wallonne (Direction Générale des Ressources naturelles et de l'environnement), parution des deux tomes de La Mémoire des Arbres (Ed. Racine), un ensemble de 700 pages et 400 photographies inédites, une vaste synthèse, unique en Europe, présentant plus d'un millier d'arbres remarquables, replacés dans leur contexte historique et associés aux fonctions qui leur ont été attribuées au fil des siècles :
tome 1 : Le Temps, la Foi, la Loi - parution novembre 2003
tome 2 : L'Espace, la Nation, l'Agrément et la Santé - parution mars 2004

Coordonnées :

Adresse :
asbl Le Marronnier - rue du Moulin 4 - B-4590 Ellemelle
Tél : 086 36 68 86 - 0494 27 92 49
Email : benjamin.stassen@belgacom.net

Pour en savoir plus :
http://users.skynet.be/macrahl
http://mediardenne.com/foretombre

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Webdesign : asbl GREOA, place de Chézy 1, 4920 Harzé-Aywaille (www.ourthe-ambleve.be) - Crédit photos : asbl Le Marronnier